Dépersonnalisation, déréalisation : comprendre pour s’en libérer

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Il existe des expériences tellement étranges qu’il est difficile de mettre des mots dessus. Être là, sans vraiment avoir l’impression d’être là. Regarder le monde autour de soi et le trouver soudain différent, lointain, étrange, presque irréel. Avoir l’impression d’observer sa propre vie de l’extérieur, de fonctionner en pilote automatique, de ne plus reconnaître complètement son corps, ses émotions ou la personne que l’on était quelques semaines auparavant.

Et surtout cette question, terrifiante : « Mais qu’est-ce qui m’arrive ? »

Je connais cette sensation, parce que je l’ai vécue. Et lorsque cela m’est arrivé, je ne savais absolument pas qu’il existait des mots pour décrire ce que je traversais : dépersonnalisation et déréalisation.

Mettre enfin des mots sur cette sensation d’irréalité

La dépersonnalisation et la déréalisation sont encore relativement méconnues du grand public. Pourtant, ces phénomènes sont bien décrits en psychologie et en psychiatrie. Ils peuvent notamment apparaître dans des contextes de stress important, d’anxiété, de traumatisme ou d’épuisement, comme si notre système, complètement dépassé par ce qu’il traverse, mettait une certaine distance entre nous et l’expérience vécue.

La dépersonnalisation concerne davantage la sensation d’être détaché de soi-même : de son corps, de ses pensées, de ses émotions ou de son identité. La déréalisation, elle, concerne davantage le monde extérieur : tout est toujours là… et pourtant, quelque chose semble différent. Le monde peut paraître lointain, artificiel, brumeux, presque comme dans un rêve.

Et lorsque l’on ne sait pas ce que c’est, ça peut être vraiment, vraiment flippant. Je me souviens de cette sensation de ne plus savoir comment revenir complètement « ici », de ne plus comprendre ma perception du monde et surtout de la peur immense que cela puisse rester comme ça.

« Est-ce que je suis en train de devenir folle ? »

C’est probablement l’une des pensées les plus angoissantes lorsque l’on traverse ce type d’expérience. Et c’est aussi pour cela que comprendre ce qui se passe peut déjà changer énormément de choses.

Lorsque j’ai vécu cette période, j’aurais aimé que quelqu’un puisse simplement poser des mots dessus. Me dire que cette expérience existait, que d’autres personnes l’avaient vécue. Parce que lorsqu’on ne comprend pas ce qui nous arrive, la peur augmente. Et plus la peur augmente, plus notre système reste en état d’alerte.

Cela peut alors devenir un véritable cercle : je ressens quelque chose d’étrange → j’ai peur → je surveille encore davantage mes sensations → elles deviennent encore plus présentes → j’ai encore plus peur.

Mettre de la conscience sur ce mécanisme a donc été, pour moi, une partie importante du chemin.

Quand ma vision spirituelle est venue donner un autre sens à ce que je vivais

Avec les années, mon parcours et mes expériences spirituelles m’ont également amenée à poser une autre grille de lecture sur cette période de ma vie.

Je précise quelque chose d’essentiel : c’est ma perception personnelle et spirituelle de cette expérience. Elle ne remplace pas l’explication psychologique ou médicale de la dépersonnalisation et de la déréalisation. Mais elle a eu énormément de sens pour moi.

J’ai eu la sensation que quelque chose s’était effondré dans la frontière que j’avais jusque-là entre le monde très concret, terrestre, matériel… et le monde subtil que je commençais à percevoir. Comme si j’avais soudainement un pied sur Terre et l’autre dans l’invisible.

Sauf que je n’avais encore ni les connaissances, ni les repères, ni l’ancrage nécessaires pour naviguer entre les deux. Et c’est là que tout devenait confus.

Parce qu’ouvrir sa perception à quelque chose de plus grand peut être magnifique lorsque l’on reste profondément relié à son corps, à la matière, à la Terre et à sa vie quotidienne. Mais lorsque cet ancrage disparaît, l’ouverture peut devenir vertigineuse.

Dans ma propre histoire, j’ai donc fini par comprendre cette période non seulement comme celle d’un système soumis à un stress immense, mais aussi comme une période où mon monde intérieur, mes perceptions et toute ma conception de la réalité étaient en train d’être bouleversés. Et j’ai dû apprendre à revenir à mon corps, à la Terre, à moi. Cette période s’est également inscrite dans ce que j’appelle aujourd’hui ma nuit noire de l’âme.

S’ancrer ne signifie pas renoncer à sa spiritualité

C’est probablement l’une des plus grandes choses que cette période m’a enseignées. Pendant longtemps, on peut croire que la spiritualité consiste à monter toujours plus haut : ouvrir sa conscience, développer ses perceptions, explorer l’invisible, chercher des réponses ailleurs…

Aujourd’hui, je crois presque l’inverse : plus on ouvre grand en haut, plus on a besoin de racines profondes en bas.

Être spirituel ne signifie pas quitter la Terre. C’est apprendre à être pleinement ici, tout en restant ouvert à ce qui nous dépasse. Retrouver mon ancrage a donc aussi été retrouver mon corps, mes sensations, mes limites, mes émotions, mes besoins, ma sécurité intérieure et une connaissance beaucoup plus profonde de moi-même.

Il n’y a pas forcément un bouton magique pour « revenir »

C’est aussi quelque chose que j’aurais aimé entendre à l’époque. Lorsque l’on vit cette sensation, on voudrait évidemment savoir : « Comment je fais pour que ça s’arrête ? » Et on voudrait surtout que ça s’arrête demain matin.

Mon expérience m’a appris que le chemin pouvait demander du temps et beaucoup de douceur envers soi-même. Comprendre mon fonctionnement, apprendre à reconnaître ce qui mettait mon système en état d’alerte, revenir dans mon corps, travailler sur mes émotions et certaines blessures, développer mon ancrage, apprendre à connaître et apprivoiser ma sensibilité… Et, dans mon propre parcours, explorer également l’énergétique et le chamanisme.

Petit à petit, ce qui me terrorisait est devenu quelque chose que je comprenais davantage. Et lorsque l’on comprend ce que l’on traverse, cela peut déjà perdre une partie de son pouvoir terrifiant.

Parfois, il ne s’agit d’ailleurs pas de retrouver exactement la personne que nous étions « avant ». Il peut aussi s’agir d’apprendre à vivre autrement, à mieux se connaître, à reconnaître ses limites et ses besoins, et à construire de nouveaux repères suffisamment solides pour que cette expérience ne dirige plus toute notre existence.

Et parfois, demander de l’aide fait partie du chemin

Je tiens vraiment à le dire ici. Parce que je travaille avec l’énergétique, le chamanisme et le monde subtil, je pourrais être tentée de tout expliquer à travers cette grille. Mais ce n’est pas ma vision.

La dépersonnalisation et la déréalisation peuvent s’inscrire dans des problématiques psychologiques ou médicales qui méritent d’être évaluées par des professionnels compétents. Consulter un médecin, un psychologue ou un psychiatre lorsque les sensations sont nouvelles, persistantes, très intenses ou handicapantes n’est absolument pas incompatible avec une démarche spirituelle ou énergétique.

Les deux peuvent coexister. Et mon accompagnement ne remplace ni un diagnostic, ni une psychothérapie, ni un traitement médical lorsqu’ils sont nécessaires.

Aujourd’hui, j’accompagne aussi depuis cet endroit-là

Je ne prétends pas posséder LA méthode qui fera disparaître la dépersonnalisation ou la déréalisation. Ce serait contraire à tout ce que mon propre chemin m’a appris.

En revanche, je connais intimement la peur de ne plus se reconnaître, la sensation d’être coupée du monde, le vertige lorsque tous nos anciens repères s’effondrent. Et je connais aussi ce chemin qui peut progressivement nous ramener vers davantage de sécurité, de compréhension et d’ancrage.

C’est depuis cet endroit que je peux aujourd’hui accompagner certaines personnes. Mes séances Éclai’Rieuses mêlent, selon les besoins, travail psycho-émotionnel, connaissance de soi, énergétique, chamanisme, intuition et travail d’ancrage.

Non pas pour te promettre de « te guérir », mais pour t’aider à comprendre ce que tu traverses, retrouver tes propres repères et remettre progressivement les pieds sur Terre… sans nécessairement renier toute la dimension spirituelle de ton expérience.

Parce que parfois, il ne s’agit pas de choisir entre la Terre et le Ciel. Il s’agit d’apprendre à habiter profondément l’une, tout en restant relié à l’autre. 🌿

Tu traverses une période de perte de repères ?

Si ce que je raconte ici résonne avec ton histoire, tu peux découvrir mes séances Éclai’Rieuses à Châbons, en Isère, ou à distance selon les situations.